Infolettre N°3
Éditorial

Une période difficile pour la dialyse en France


Pr Philippe Brunet et le CA de la SFD.

Les membres non français de la SFD nous pardonneront de centrer cet éditorial sur les problèmes français. Nous souhaitons revenir sur les défis qui sont lancés depuis quelques années aux centres de dialyse.

La qualité de la prise en charge de l’insuffisance rénale avancée est bonne en France, mais il faut encore l’améliorer. Si l’on prend seulement l’exemple de l’accès à la dialyse péritonéale ou à la transplantation rénale, les améliorations nécessitent des efforts considérables de la part de certaines équipes.

Depuis quelques années, nos collègues transplanteurs nous disent qu’il faut davantage inscrire les patients sur la liste d’attente de transplantation car les indications de transplantation s’élargissent. C’est un message qui est très bien reçu par les centres de dialyse. Mais il ne faut pas sous-estimer le travail que représente pour un centre de dialyse l’inscription d’un malade sur la liste d’attente.

Nos collègues leaders en dialyse péritonéale nous incitent également à proposer cette technique de façon systématique à nos patients, afin de leur donner un choix véritable. Aujourd’hui, la dialyse péritonéale est arrivée à maturité. C’est une magnifique technique pour favoriser l’autonomie des patients. Mais il ne faut pas non plus sous-estimer le travail que représente le démarrage d’une activité de DP dans une équipe qui n’en fait pas.

Face à ces défis, l’effort fait pour soutenir le travail des équipes de dialyse ne doit pas se relâcher. La qualité de prise en charge dans les centres de dialyse doit augmenter. Les centres doivent prendre en charge tous les aspects du traitement de l’insuffisance rénale avancée.

Les centres de dialyse doivent être soutenus par tous : par les néphrologues eux-mêmes, mais aussi par les patients et les associations de patients, et évidemment par le ministère de la santé et ses agences.

Des désaccords sont survenus récemment entre les représentants des néphrologues et les représentants des associations de patients (FNAIR et RENALOO) sur la question du remboursement de l’EPO en dialyse. Ces désaccords sont inquiétants. Ils sont contre-productifs et stupides. Ils risquent d’aboutir finalement à une diminution des moyens donnés à la dialyse en France. Espérons que ces désaccords ne seront que transitoires.

Nous plaidons ici pour un regroupement de tous pour soutenir les efforts en vue d’améliorer encore la qualité de la prise en charge de l’insuffisance rénale avancée par les centres de dialyse : hémodialyse, dialyse péritonéale, accès à la transplantation, accompagnement du traitement conservateur… On ne doit pas opposer ces traitements. Ils sont complémentaires. Tout patient, à différents moment de sa vie, peut bénéficier de l’une ou l’autre thérapeutique. Nous ferons tout ce qui est possible pour favoriser un dialogue et un travail constructif entre les différents acteurs de l’insuffisance rénale chronique avancée.