Infolettre N°6
Nouvelle Société Francophone de Néphrologie
L’union fait la force

Par le Dr Sophie Parienté.
Article paru dans Le Quotidien du médecin – « 12 mois de néphrologie » – jeudi 16 avril 2015 – numéro 9404.

Le Pr Philippe Brunet, président de la Société Francophone de dialyse et le Pr Bruno Moulin, président de la Société de Néphrologie ont le plaisir et l’honneur d’annoncer en principe pour octobre prochain la naissance de la Nouvelle Société Francophone de Néphrologie.

La Société de Néphrologie a été fondée en 1959. Cette première société savante créée dans le domaine de la Néphrologie a représenté l’un des premiers vecteurs de la diffusion des découvertes sur les maladies rénales. Elle regroupe actuellement 1200 néphrologues exerçant dans tous les domaines de la discipline, de l’épuration extra-rénale à la transplantation en passant par les différents secteurs de la recherche. La Société Francophone de Dialyse a quant à elle été créée en 1993 et a eu pour objectif principal de donner depuis plus de 20 ans à la dialyse un affichage spécifique et dynamique. De nombreux néphrologues appartiennent aux 2 sociétés.

En 2015 les motifs de conserver 2 sociétés savantes ne résistent pas à l’analyse de l’évolution de la spécialité qui est confrontée à des questions nouvelles d’ordre institutionnel, scientifique et éthique. La néphrologie doit s’adapter aux progrès et bouleversements dans les indications des deux grandes techniques de suppléance de l’insuffisance rénale terminale que sont la dialyse et la transplantation. « Les indications de la transplantation rénale ont progressé de façon spectaculaire ces vingt dernières années. Tous les patients n’ayant pas de contre-indication doivent maintenant pouvoir accéder à ce traitement » rappelle le Pr Philippe Brunet qui a pourtant la casquette du néphrologue dialyseur. Et, concède en néphrologue transplanteur le Pr Bruno Moulin « Le parcours du patient ne saurait se limiter à la greffe ! Nous savons tous que de plus en plus, le patient alternera des périodes de greffes et de dialyse ».

« Aujourd’hui, une nouvelle société francophone pour la néphrologie capable de symboliser la collaboration entre les néphrologues polyvalents des années 2000 et de leur donner les repères pour une approche intégrée devient nécessaire» soulignent les Pr Bruno Moulin et Philippe Brunet. « Plus que jamais dialyse et transplantation doivent collaborer et cela passe par une indispensable formation transversale des néphrologues capable d’intégrer transplantation et dialyse» insistent-ils.

La nouvelle société unique de néphrologie devrait permettre d’optimiser les moyens de la discipline notamment ceux destinés à la recherche. Elle devra poursuivre les actions d’enseignement post-universitaire et développer les initiatives vers le monde francophone qui attend beaucoup d’elle. Elle sera l’interlocutrice privilégiée des instances pour définir les bonnes pratiques (une demande très forte des autorités de santé) ; enfin elle devra assurer un partenariat constructif avec les autres professions de santé ainsi qu’avec les associations de patients.

A quoi ressemblera t-elle ? Bruno Moulin et Philippe Brunet précisent que probablement l’affichage des 2 composantes fortes de l’exercice de la discipline sera illustré par la nomination d’un vice-président « dialyse » et d’un vice-président « transplantation ». Ils pourront s’appuyer sur les travaux des trois grandes commissions « dialyse », « transplantation rénale » et « néphrologie clinique ». Les autres commissions qui effectuent un travail indispensable auront également toute leur place dans la nouvelle société. Les Pr Bruno Moulin et Philippe Brunet indiquent que « les contours de cette société commencent à prendre forme à la suite des travaux et des réflexions menés par les CA des deux sociétés». Ils précisent toutefois que la parole décisive sera donnée à la communauté néphrologique : « Nous souhaitons impliquer très largement nos collègues dans ce projet. Tout n’est pas encore finalisé. La rédaction des statuts est en cours. Les assemblées générales auront leur mot à dire pour critiquer, amender… et au final reconnaître le bébé ».

L’avenir reste à inventer.